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L’intégration dans une franchise garantit-elle la réussite du franchisé ?

« Des facteurs clés de réussite, qui ne sont pas la garantie du succès. »

Concept et savoir-faire éprouvés peuvent-ils donner quelques certitudes à celui qui se lance ?

Les études et statistiques prouvent effectivement que les entreprises sont plus pérennes en franchise. Mais attention, il serait un leurre de croire qu’appartenir à une franchise représente une garantie de succès. Nous restons dans l’entrepreneuriat, avec toutes les incertitudes et surprises que cela comporte !
La franchise apporte une garantie de savoir-faire, de marque, de mécanisme de transmission de la réussite, de partage des problématiques et moyens de les résoudre avec des pairs. Ce dernier point est d’ailleurs essentiel et permet d’éviter le fameux isolement de l’entrepreneur, qui fait couler nombre de sociétés chaque année.
Enfin, une telle appartenance garantit aussi le soutien du franchiseur – qui n’est pas forcément financier – lors d’une mauvaise passe. Devant les désagréments particuliers de certains franchisés, j’ai vu des franchiseurs reporter des redevances, faire partager leur force marketing, mettre temporairement à disposition un salarié, mener des opérations de promotion communes, afin d’aider au redressement rapide.
Autant de facteurs clés de réussite, mais qui ne sont certainement pas la garantie du succès.

A quel aléa est encore soumis celui qui intègre un réseau reconnu qui a fait ses preuves ? 

Deux facteurs essentiels ne peuvent pas vraiment être prévus et gérés.
Premièrement les évènements impondérables peuvent survenir, comme la fermeture de la rue à la circulation, un changement de sens pénalisant du trafic, l’installation d’un grand concurrent direct juste à côté, un changement de réglementation préjudiciable.
Deuxièmement le franchisé reste un humain, doté de son caractère propre, de ses forces et faiblesses à lui, qui évoluent en plus dans le temps. Parfois l’intensité de travail devient trop faible et la boutique périclite, alors que le concept était tout simplement excellent. Le franchiseur a évidemment un devoir de sélectivité et de conseil, mais une erreur de recrutement du candidat, ou un franchisé qui change du tout au tout dans le mauvais sens pour raisons personnelles, sont toujours possibles. De plus, le franchiseur qui est informé par ses animateurs de la mauvaise direction prise ne dispose pas de toutes les cartes. Il ne pourra jamais prendre la barre pour redresser le bateau, car il ne doit aucunement basculer dans l’ingérence.  


Julien Siouffi