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4 moyens de devenir un franchiseur d’intérêt général

Si le franchiseur est par définition un entrepreneur en réussite, puisqu’il duplique un concept rentable, il peut être rattrapé par une quête de sens, que la pyramide de Maslow explicite comme un besoin d’accomplissement. 
Dès lors, comment intégrer une démarche caritative dans son modèle de franchise, tout en respectant les impératifs de rentabilité de son concept ?

1. Par une redevance

Si le principe de redevance sur le chiffre d’affaires est courant en franchise, il l’est aussi dans le fonctionnement caritatif. Très concrètement, le franchiseur, et le franchisé, s’engagent à réaliser une bonne action pour chaque achat ou tranche d’achat.

Une ONG comme Planète Urgence propose ce type de partenariat, que l’enseigne Cartridge World a activé à plusieurs reprises pour matérialiser son engagement écologique en plantant un arbre à chaque cartouche d’imprimante vendue.


2. Par un évènement

La participation ou la mise en place d’un évènement ponctuel ou récurrent peut être un moyen d’effectuer une action de soutien, tout en construisant une dynamique interne stimulante, et en bénéficiant d’un impact marketing non négligeable.

Ainsi, Family Sphère parraine l’édition 2018 du téléthon, tout en relayant son “jeu solidaire”, vecteur de consolidation de la relation client.


3. Par une fondation

Si la fondation Ronald Mac Donald a mis la barre assez haute, avec bientôt 10 maisons d’accueil et 46 000 familles accueillies, le principe est utilisable à une échelle plus modeste. Une fondation dédiée peut par exemple accueillir des dons du réseau, comme un véhicule, qu’elle se charge d’administrer dans le temps, pour faire rayonner durablement l’engagement de l’enseigne.

Un franchisé peut même être à l’origine d’une fondation, comme c’est le cas pour la fondation Yao, initiée par…un franchisé Mac Donald !


4. Par le modèle économique

Pour implémenter un acte caritatif au coeur de son modèle économique, le franchiseur peut imaginer d’y loger une partie peu rentable mais vertueuse de son modèle économique. En découpant la chaîne de création de valeur, il est souvent possible d’isoler un segment peu rentable, ou propice à une action caritative, qui peut être séparée du modèle du franchisé.

Par exemple, une franchise de recyclage de déchets peut confier le traitement des produits collectés à un atelier de réinsertion, dont elle peut être à l’origine. Ainsi, la logistique de collecte et la commercialisation de la prestation sont réalisées par le franchisé, avec des impératifs de performance et de rentabilité, alors que le traitement des déchets répond à une logique d’insertion professionnelle pour populations à risque. Les deux activités se complètent parfaitement : le franchisé gagne sa vie en dupliquant un modèle rentable, tout en créant toujours plus d’emplois qualifiés et protégés dans l’atelier géré par l’association.

Dans la franchise, comme pour l’ensemble du secteur privé, la démarche caritative sera très souvent corrélée avec un intérêt financier ou commercial. Ce raisonnement typiquement anglo-saxon est souvent moins bien accepté en France, dont les critères moraux ont tendance à distinguer la charité et le commerce ; mais faut-il pour autant renoncer et s’y résoudre avec cynisme ?

La franchise, pionnière dans ses pratiques, dont le sens profond est de partager la réussite, peut également ouvrir son horizon pour concilier la réussite du franchiseur, la réussite du franchisé, et le développement de sa responsabilité sociétale.

Julien Siouffi