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La franchise comme vecteur de développement social par la microfranchise

Simplification des concepts, allègement des investissements et plus grand recours à la digitalisation peuvent ouvrir la microfranchise à un tout nouveau public, explique Julien Siouffi, associé Axe Réseaux.

 

La microfranchise est une franchise avec tous les avantages du modèle : marque, savoir-faire, services, accompagnement, zone d’exclusivité… mais en version « allégée » pour permettre au plus grand nombre de se lancer. Ce format basique est pratiqué dans un nombre toujours plus conséquent de secteurs d’activité : services à domicile, immobilier, communication, conseils en entreprise, commercialisation de produits divers… permettant aux franchiseurs d’augmenter le vivier de candidats, qui ne disposent pas forcément des capitaux initiaux pour se lancer de manière classique.


Pari délicat

Cet exercice est l’un des plus ardus pour le franchiseur, qui ne dispose pas de marge d’erreur dans les prévisions. Dans le format habituel l’apport moyen se situe entre 30 000 et 50 000 euros pour un projet total de 100 à 150 000 euros. Le revenu espéré est alors équivalent à 3 ans au montant de l’apport. Dans la micro franchise, on parle d’apport beaucoup plus faible, avec une perspective de gain de 1 000 à 2 000 euros par mois. Il est donc plus facile de plonger dans le rouge si tout ne se passe pas comme prévu.


Coup de pouce numérique

Heureusement le digital permet de mettre en place des microfranchises avec des frais de structures et de mise en route extrêmement faibles. Uber n’est pas une franchise, mais la société fournit marque, savoir-faire et pilotes probants à des coûts négligeables grâce à la digitalisation poussée à son paroxysme. Elle est donc pratiquement assimilable à une franchise, et prouve qu’il est possible de réduire en ligne les coûts d’acquisition des clients, de transfert de savoir-faire… et de se concentrer sur l’opérationnel et le lancement. Le franchiseur peut mettre sur pied une microfranchise avec une structure plus légère et donc moins risquée, en empruntant certaines bonnes pratiques aux plateformes. Une enseigne spécialisée dans la réparation de vélo peut par exemple se faire une spécialité d’envoyer des clients à ses franchisés. Dans cette configuration les rôles entre franchiseurs et franchisés sont sensiblement modifiés, et les postes de coûts très importants chez le franchiseur dans le schéma classique ont tendance à s’alléger. Le modèle est plus viable, basé sur des microredevances.  


Système « micro » global

La microfranchise devient alors plus abordable à des gens qui ont peu de moyens au départ, mais qui sont connectés. Il n’est ici pas question de solution de franchise « au rabais », mais d’une organisation qui ne diffère en rien de la franchise classique d’un point de vue juridique et déontologique. Seulement elle permet à tout un public ne disposant pas de moyens mais manifestant le désir de prendre des initiatives économiques fortes, d’avoir accès à des concepts gagnants et novateurs. Toutefois, la microfranchise ne peut fonctionner que si elle est accompagnée d’un système de microfinancements. L’absence de capitaux au départ doit en parallèle être palliée par exemple par l’Adie et son pôle de microfranchise solidaire, le crowdfunding, le crowdlending… Partant du constat que tout est « micro », franchiseurs et franchisés doivent raisonner en conséquence dans leur organisation et leurs relations, grâce aux nouvelles technologies.


Julien Siouffi