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Franchiseurs, comment sélectionner des candidats à la franchise souhaitant entreprendre en couple ?

Nombre d’articles vantent les mérites et les limites de la franchise en couple.
Nous nous intéressons ici d’un point vue pratique à trois éléments que doit valider le développeur avant la signature du DIP lorsqu’il rencontre ce profil de candidat.

I.   La solidité du couple

Recruter un couple c’est effectuer un jeu d’équilibre entre les questions professionnelles et les questions personnelles ayant un impact sur la future activité. Le développeur doit, de lui-même, « sentir » le couple et trouver le juste milieu dans ses questions.

Parmi les éléments clés à prendre en compte nous retenons d’abord la solidité de la relation. Plusieurs indices permettent d’en témoigner : la durée de la relation, les projets professionnels / personnes antérieurs (entrepreneuriaux, associatifs, voyages au long cours, …), la présence d’enfants, les déménagements antérieurs … Par exemple, si le couple souhaite s’installer dans une nouvelle ville, a-t-il déjà déménagé auparavant ? Avait-il des attaches dans la ville d’adoption ? Serait-ce le même cas de figure dans le projet actuel ? etc.

II.   L’adéquation avec le concept et la philosophie du franchiseur

Outre les questions sur le passé ou la relation actuelle du couple, il est essentiel de les projeter dans leur nouvelle vie en tenant compte des différents aspects professionnels et personnels. Pour cela, le développeur dispose de trois armes : son discours, les retours d’expériences de couples du réseau, l’instauration d’une ou plusieurs journées découvertes du concept.

L’idée est de déceler l’adéquation de cette association avec le concept et la philosophie du franchiseur : une complémentarité des tâches (et des caractères), les rôles de chacun dans l’entreprise, les solutions pour limiter les répercussions sur la vie privée et inversement, la vision commune du projet d’entreprise, …

Le développeur peut ainsi être amené à tester la motivation et la solidité du projet en pratiquant l’anti-vente. C’est-à-dire en évoquant de manière adroite, et selon un timing précis dans l’entretien, les principaux biais pouvant impacter négativement la vie personnelle du couple.

III.   La répartition des pouvoirs dans l’entreprise

La discussion sur la répartition des pouvoirs doit également être abordée et notamment à propos de la personne signataire et gérant majoritaire ainsi que le statut du conjoint (associé minoritaire salarié ou TNS, salarié classique, absence de rôle officiel, la conversation d’un emploi pour l’un des conjoints…). Ces éléments doivent également être abordés avec l’expert-comptable des candidats.

Dans le cas d’une association, il peut être prudent de réaliser un pacte d’associé définissant a minima les rôles de chacun et le process de sortie.

IV.   Des secteurs à privilégier

Traditionnellement, les secteurs tels que l’artisanat, la restauration et les commerces de proximité (fleuriste, supérette, …) sont davantage ouverts aux couples. En effet, les produits vendus et la diversité des tâches laissent facilement la place à deux profils complémentaires (technique et commercial, gestion administrative et management d’équipes, …).

Entreprendre en couple reste quel que soit le secteur un exercice complexe : facteur parfois rassurant pour les franchiseurs comme pour les banques grâce à une implication à 100%, l’interdépendance de la vie privée et professionnelle reste au cœur du succès de l’entreprise.


Nicolas Fertil