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Le financement des franchisés

Lorsqu’un candidat à la franchise décide de se lancer dans l’entrepreneuriat, il doit passer par plusieurs étapes importantes. Après la rencontre avec le développeur du réseau et le passage obligé de la journée découverte, il va choisir son local. Puis, il devra élaborer son business plan avant de partir à la recherche de son financement bancaire.
Dans leurs présentations, les plaquettes de recrutement des réseaux de franchise ont plusieurs points communs dont, l’investissement nécessaire et, par déduction, l’apport qui en découle pour rejoindre le réseau. Il est admis que les banques financent deux tiers du montant global à la condition que le futur franchisé investisse un tiers de ses fonds propres en guise d’engagement dans son projet professionnel.

Les nouveaux franchisés sont unanimes : créer son entreprise ressemble à un véritable parcours du combattant avec, à chaque phase, ses difficultés – à première vue si simples – mais, au final tellement compliquées. La recherche de son financement bancaire en est l’illustre exemple.
Vous trouverez ici quelques conseils qui pourront éclairer les futurs franchisés à passer cette phase de rendez-vous avec leur banquier. Nous rappelons aux franchiseurs que l’assistance qu’ils proposent à leurs candidats les engage. Certaines jurisprudences sont sévères sur la façon dont une enseigne accompagne ses franchisés, notamment en ce qui concerne la validation du local commercial et la construction du prévisionnel.

Les différentes phases du financement bancaire

Une première phase d’audit permet au banquier de s’assurer que le profil du porteur de projet corresponde bien aux exigences du réseau et qu’il n’y a pas de points bloquants à déposer une demande de financement bancaire. Le candidat devra notamment apporter les justificatifs de provenance des fonds qui lui serviront d’apport, une copie du DIP et du contrat de franchise, son K-bis et les projets de statuts de sa société, la promesse de bail…


Une fois que ces vérifications ont été correctement effectuées et que les pièces justificatives ont été collectées, le candidat devra travailler sur son budget prévisionnel. En introduction de ce document, nous vous recommandons d’insérer une rapide présentation du projet et du parcours professionnel du futur franchisé en insistant sur les qualités qui feront de ce dernier un bon franchisé.


Ensuite, il faudra lister les principaux postes d’investissements ainsi que les moyens financiers qui seront affectés pour atteindre l’objectif fixé. Dans un second document plus détaillé devront apparaître la capacité d’autofinancement, la trésorerie prévisionnelle ainsi que la capacité de remboursement d’emprunt. Cette dernière information étant celle qui intéressera le plus votre banquier !


Ces documents étant prêts, le porteur de projet devra le présenter à plusieurs organismes de financement pour faire jouer la concurrence. Certains réseaux de franchise accompagnent leurs candidats lors des premiers rendez-vous. Nous estimons que cela peut nuire à l’attente d’autonomie attendue par le conseiller professionnel.


Au moment de faire son choix, nous conseillons au futur entrepreneur de ne pas se laisser attirer par l’offre qui lui propose le taux le plus bas au détriment de coûts moins visibles tels que les conditions de tenues de comptes, les commissions de mouvement, les commissions de carte bleue, les frais de TPE, frais de dossier ou autres garanties et assurances.


Depuis la crise de 2008 et le manque de liquidité sur les marchés financiers, les banques se montrent très attentives sur le projet dans sa globalité. Un porteur de projet qui se présente avec un apport largement supérieur aux 30 % mais dont le curriculum vitae est trop éloigné du concept aura des difficultés pour trouver son financement. A l’inverse, nous avons déjà vu des banquiers qui acceptaient de financer le projet d’un bon opérationnel qui peut justifier dans son parcours d’une expérience professionnelle reconnue mais dont l’apport personnel est plus proche des vingt pourcents que des traditionnels trente pourcents.


Pour conclure, nous attirons l’attention des futurs chefs d’entreprise sur la nécessité d’obtenir de son banquier une offre ferme qui résume en détail les conditions d’octroi du prêt. Un accord de principe verbal n’ayant aucune valeur, il est parfois préférable de se faire accompagner par un courtier spécialisé en recherche de financement bancaire, rémunéré uniquement au succès.




David Borgel